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Nom de l’objet : Tachygraphe (bavard)
Nom de l'auteur de la recherche : Richard Robert
Origine de l’objet : Allemagne
Datation, (décennie) : 1920



Description, matière, grandeur, photo de l'objet

Le Chronotachygraphe est le nom d’origine. On semble avoir modifié son appellation dans les années 1920 pour un tachygraphe, et son appellation populaire est « le bavard » ou « le mouchard ». Le bavard est composé d'un cadran à ouverture frontale par une clé, cadran de 6 po de diamètre, gradué en km/h, un compte-tours moteur (rpm), ainsi que l'heure en temps réel de la journée. Il est aussi composé d’un odomètre pour le km total, 4 po de profond, et d'un récepteur pour les disques situé à l'arrière du cadran. On y fixe le disque ciré pour l'enregistrement des données. Ce disque est attitré au chauffeur. On peut y consigner 24 heures de données.

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Utilisation, mode d'emploi, contexte d'exercice


Un peu avant les années 1900, il est utilisé surtout pour mettre en évidence la régularité de la conduite et le respect de la signalisation, plus que pour le temps de conduite des transports ferroviaires. Le premier bavard portait le nom de Flaman du nom de son créateur Eugène Flaman. Le Flaman est semblable à l’odomètre de nos voitures d’aujourd’hui, c'est-à-dire : un cadran gradué en km/h et muni d’un enregistreur activé par un mécanisme à ressort, qui comprend plusieurs stylets qui écrivent les données enregistrées sur le disque de papier. Ce disque en papier est gradué en petites parties de 10 minutes. L’appareil d’origine est en bronze et est positionné face au conducteur. Le couvercle est scellé par un capot de plomb. Le tachygraphe tel que nous le connaissons aujourd'hui a fait son apparition au début des années 20, et son inventeur était Max Maria Von Weber, un agent administratif, ingénieur et auteur du Hasler Event recorder. Depuis le 23 décembre 1953, une loi allemande de la sécurité routière oblige tous les véhicules de transport de personnes de 9 passagers et plus, ainsi que tous les transporteurs de marchandises commerciales de 3,5 tonnes de chargement et plus (autocar et véhicule lourd), à être équipés d’un bavard, et cela conformément à la loi. Le conducteur doit avoir en sa possession tous les disques de la semaine en cours, ainsi que celui de la dernière journée de la semaine précédente. Les entreprises consignent ces documents en filière pendant un minimum d’une année, et de deux ans si c’est leur façon de prouver les heures de leurs chauffeurs.


Les bavards sont souvent utilisés dans les tribunaux allemands comme preuve. Soigneusement étudiés à la loupe suite à un accident, ils servent de preuve contre le chauffeur. Dans les années 80, l’utilisation des bavards a été imposée par l’Union européenne sur ses États membres. Les entreprises et les gouvernements se sont opposés à cette pratique sous les motifs qu’ils étaient coûteux, et qu’il n’y avait aucun fondement scientifique sur le fait que cet outil permettait de réduire la fatigue des chauffeurs et d’améliorer la sécurité routière. Au contraire, il avait l’effet pervers d’inciter les chauffeurs au excès de vitesse afin de livrer la marchandise à temps pour des rendez-vous, ainsi que les entreprises à se servir des cartes pour soustraire de l’argent aux chauffeurs présentant une carte avec des arrêts parfois justifiés par le trafic ou par l’inspection du véhicule.

Événements politiques marquants de la décennie au Québec

Plusieurs municipalités se sont unies pour adopter l’heure avancée d’été. C’est pour se mettre au diapason des compagnies de chemin de fer qui pourraient ainsi profiter de la lumière du jour plus longtemps. Le premier service postal par avion entre La Malbaie et Sept-Iles est mis en vigueur le 21 décembre 1927 par le gouvernement fédéral de l’époque. Le 5 mai 1928, une autre liaison s'établit entre Rimouski, Montréal, Ottawa et Toronto.

Événements politiques marquants de la décennie dans le monde

Le krach boursier de 1929, ou « Jeudi noir »… marque définitivement la décennie. Selon les économistes de l’époque, le krach est dû à une bulle spéculative, c'est-à-dire que les bookers ont surévalué volontairement des titres. Les gens empruntaient pour jouer en bourse. Pour 1 $ déposé par les gens, 10 $ d’actions étaient achetées à crédit. Et la bourse de New York à Wall Street s’est effondrée, car les compagnies ne faisaient plus suffisamment de profits, les travailleurs moins de paie, donc moins d’argent pour jouer en bourse.

Événements culturels marquants de la décennie

Tous les amateurs de baseball connaissent le fameux « Babe Ruth », surnommé « le Bambino ». En fait, George Herman Ruth, Jr. (6 février 1895 - 16 août 1948) est, en 1927, le premier joueur à frapper 60 coups de circuits en une saison. Il possède 714 coups de circuits en carrière et c’est grâce à lui que le baseball connu une explosion dans les années 20. Le chantier du pont Jacques-Cartier fut mis en branle le 26 mai 1925. La première pierre angulaire fut posée le 9 août 1926. Il fut inauguré le 24 mai 1930. Il portait le nom de pont du Havre et a été rebaptisé en 1934, en l’honneur de l’explorateur qui a découvert le Canada en 1534. C’est ainsi qu’il fut appelé le pont Jacques-Cartier.

Événements sociaux marquants de la décennie

Aurore Gagnon, décédée en février 1920 des blessures affligées par son père et sa belle-mère, Télesphore Gagnon et Marie-Anne Houde. Le cas d'Aurore l’enfant martyre a fait couler beaucoup d’encre. Les historiens de l’époque ont écrit une page de l’histoire du Québec, et ont fait réaliser aux familles québécoises que l’honneur pouvait être davantage ravagé par le mutisme que par la dénonciation, qui aurait pu éviter à Aurore son triste sort. Henri Rollin et Léon Petitjean ont écrit la pièce de théâtre qui a été jouée pour la première fois le 21 janvier 1921, au théâtre Alcazar de Montréal. Cette pièce fut présentée au public à plus de 6 000 représentations entre 1921 et 1951, ce qui en fait la pièce de théâtre la plus jouée, loin devant la pièce de théâtre Broue. Henry Ford (30 juillet 1863 - 7 avril 1947) fut le premier à mettre sur pied le travail à la chaîne dans l’industrie de l’automobile. En 1922, il publie son autobiographie My Life is Work and work is life.

Témoignage sur l’exercice du métier

La première question que je me suis posé en embarquant dans mon premier camion, à mon arrivée dans l’industrie, a été : pourquoi deux odomètres? J’ai pensé que le premier avait probablement fait défaut et que les mécaniciens en avaient posé un autre temporairement! C’est à mon retour, quand on m’a demandé ma carte de « tacho », que j’ai finalement su à quoi cela servait! En faisant cette recherche, je suis tombé sur des petits bijoux de vidéos montrant la nouvelle technologie des tachygraphes en Europe. Ceux-ci sont numériques et beaucoup plus avancés qu’ici. Le chauffeur a une carte à puce similaire à notre permis de conduire ici. Cette carte suit le chauffeur et collecte les données, comparativement aux disques papier analogiques que nous connaissons ici.